Agriculture durable : quels sont ses principes ?

Agriculture durable : quels sont ses principes ?

Pour augmenter la production mondiale, l’agriculture intensive a commencé à gagner du terrain à partir des années 60. Elle a permis des rendements importants, mais a aussi causé une destruction massive de l’environnement. L’utilisation en quantité de pesticides, de fertilisants … a affaibli les sols, pollué l’air et les plans d’eau. Face à ce constat, les écologistes ont sonné l’alarme pour que les agriculteurs reviennent à des méthodes peu destructrices. L’agriculture durable a alors vu le jour et commence à se développer à travers le monde. Quels sont ses principes et ses enjeux ?

Qu’est-ce que l’agriculture durable ?

C’est une nouvelle agriculture qui se base sur les principes du développement durable. Il faut souligner que le concept du développement durable a été instauré dès l’année 1987 après une prise de conscience sur la pollution des sols, de l’air et de l’eau ainsi que la quantité limitée des ressources naturelles.

A partir de là, les mentalités changent. Désormais, on souhaite que toutes les activités puissent être déployées tout en permettant à la société d’exister sur le long terme. Autrement dit, l’enjeu est désormais de produire pour le présent, mais tout en s’assurant que cette production puisse encore perdurer pour les générations à venir. L’agriculture durable poursuit le même objectif et se base sur les piliers du développement durable à savoir l’écologie, l’économie et l’aspect social. 

Cela signifie qu’en la mettant en application, les agriculteurs doivent accroître leurs rendements sans détruire les ressources et les qualités de l’environnement pour que les générations à venir puissent toujours en vivre.

Quelles sont les exigences de l’agriculture durable ?

Quelles sont les exigences de l’agriculture durable ?

Pour instaurer une agriculture durable, les acteurs majeurs de ce secteur doivent tenir compte d’un point essentiel : le système circulaire pour pouvoir conserver, régénérer et améliorer les ressources à leur disposition. En gros, on revient sur les essences même de l’agriculture, celle pratiquée par nos ancêtres. On cultive, on préserve les ressources, on recycle les déchets, on protège les semences et on protège les espèces.

Dans la pratique, l’agriculture durable doit respecter les impératifs suivants :

  • Privilégier l’utilisation des ressources naturelles dont l’eau
  • Utiliser des fertilisants d’origine naturellequi sont issus du recyclage des déchets animaux et végétaux. On parle ici des composts et du fumier qui permettent d’augmenter le rendement des cultures et de maintenir la qualité des sols.
  • Utiliser les déchets verts en tant que biomasse pour produire de l’énergie
  • Limiter au minimum possible l’utilisation de pesticides et des engrais pour réduire la pollution des zones cultivées. Notez que ces produits atterrissent directement dans le sol, mais pas seulement. Leur épandage pollue l’air tandis que les irrigations les transportent jusque dans les milieux aquatiques environnants. A lire – Agriculture : un drone pour réduire la quantité d’engrais et d’eau à utiliser
  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre : l’agriculture est responsable d’environ 25 % des gaz à effet de serre rejetés dans l’environnement. Pour réduire ce taux, les agriculteurs doivent détecter les postes les plus polluants (fermentation entérique, engrais de synthèse, fumiers laissés sur les pâturages …) et essayer de trouver des solutions efficaces.
  • Préserver les pollinisateurs naturels comme les abeilles ainsi que les prédateurs naturels comme les oiseaux
  • Maintenir la biodiversité, l’écosystème naturel et le patrimoine génétique des espèces cultivées endémiques et en voie de disparition
  • Aménager les champs agricoles de sorte à lutter contre la désertification
  • Respecter le bien-être animal lorsque l’agriculteur est aussi éleveur
  • Respecter les conditions de travail des travailleurs pour protéger leur santé et dans la foulée, mettre en œuvre des techniques qui permettent aussi de protéger la santé des habitants alentours
  • Développer l’économie locale

Ces dernières années, on parle beaucoup de l’agriculture durable, mais on ne se sait pas vraiment de quoi il retourne. D’ailleurs, contrairement à l’agriculture biologique, aucune norme spécifique n’a été instaurée dans ce contexte.

Quelle est la différence entre agriculture durable et agriculture biologique ?

Quelle est la différence entre agriculture durable et agriculture biologique ?

On sait maintenant que l’agriculture durable est l’opposé de l’agriculture intensive, mais quelle différence y a-t-il entre elle et l’agriculture bio ?

Pour rappel, l’agriculture durable vise à instaurer une agriculture viable économiquement tout en promouvant l’équité sociale et en respectant l’environnement. Elle doit satisfaire les besoins actuels tout en préparant déjà les ressources disponibles pour les générations futures. Dans ce contexte, elle se base sur :

  • Une meilleure gestion des pâturages
  • La mise en place d’exploitations de polyculture-élevage
  • L’entretien de l’espace rural
  • La réduction d’intrants …

L’agriculture biologique, quant à elle, met en avant le respect de l’environnement, le respect de la terre, le respect des cycles biologiques, le respect des écosystèmes, le bien-être animal, la vie sociale … Elle cherche à mettre en place un développement économique cohérent. Contrairement à l’agriculture intensive qui utilise massivement des produits chimiques de synthèse, l’agriculture bio se l’interdit. Elle se tourne plutôt vers la gestion de la matière organique.

Dans un sens, l’agriculture bio peut faire partie de l’agriculture durable puisqu’il est tout à fait possible de se focaliser sur les principes du bio tout en instaurant un secteur viable pour de longues années.

Lire aussi – L’agriculture raisonnée : un modèle qui se développe en France

L’agriculture durable doit encore faire ses preuves

Même si la prise de conscience est assez généralisée, bon nombre de pays attendent encore de voir les réelles retombées économiques de ce nouveau mode agricole. Gardez-en tête que le côté économique reste une condition majeure pour qu’elle puisse être déployée à larges échelles. De plus, sa mise en place dépend du contexte économique et social de chaque pays. C’est pour cela qu’un modèle agricole mondial ne peut être instauré pour le moment, car les pays en voie de développement peuvent en souffrir. Pour ces derniers, nourrir leur population est encore leur première inquiétude, une inquiétude que l’agriculture durable pourrait ne pas solutionner en peu de temps or, c’est d’une solution immédiate dont ces pays ont besoin.

Contrairement à ces derniers, les pays européens ont fait le choix de privilégier l’agriculture durable afin de préserver l’environnement dans lequel les générations futures vont évoluer. Du côté des Américains, la pollution de l’environnement ne fait pas vraiment partie de leurs inquiétudes premières. Ils ont pour objectif principal de nourrir la population mondiale. Pour atteindre ce but, ils se lancent dans la mécanisation et des OGM afin d’accroître les rendements.

Tout ceci signifie que l’agriculture durable est certes, la meilleure option pour assurer l’avenir du secteur agricole, mais que pour l’heure, on attend encore qu’elle remplisse ses promesses c’est-à-dire accroître le rendement tout en engendrant un bilan économique favorable et en créant un environnement plus sain.

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