Agriculture : quels sont ses impacts sur l’environnement ?

Agriculture : quels sont ses impacts sur l’environnement ?

L’agriculture est la base de notre alimentation. Elle nous est indispensable, mais les pratiques modernes tendent à faire plus de mal que de bien. Afin d’accroître leur rendement et leur productivité, les agriculteurs font appel à des engrais azotés or, ces derniers ont des impacts négatifs sur l’environnement. Pour limiter les dégâts, les autorités se mobilisent et avancent des solutions plus saines.

Comment les agriculteurs font pour augmenter leur productivité ?

Dans un souci de satisfaire la consommation mondiale, les agriculteurs ont dû chercher des moyens efficaces pour augmenter leur production. Parmi les solutions qu’ils ont trouvées, il y a l’utilisation de machines agricoles et l’utilisation de différentes sortes de fertilisants.

Les machines agricoles leur permettent d’accélérer leur travail dans les champs et d’élargir la superficie des plantations. Les fertilisants, quant à eux, améliorent la qualité des sols en lui apportant des nutriments nécessaires à la croissance rapide des plants. Si auparavant, on utilisait des engrais d’origine végétale et animale, aujourd’hui, on fait de plus en plus appel à des fertilisants chimiques, surtout à base d’azote.

Comment les activités agricoles affectent l’environnement ?

Comment les activités agricoles affectent l’environnement ?

Grâce aux agriculteurs, nous disposons toujours d’assez de produits pour garantir notre alimentation. Et grâce à leurs nouvelles méthodes, les coûts sont mieux maîtrisés, mais parfois au détriment de notre santé et de la biodiversité. Plusieurs points sont en cause à savoir :

  • L’utilisation de pesticides
  • L’utilisation de matières fertilisantes
  • Les émissions de gaz à effet de serre (GES)
  • La contamination des cours d’eau
  • Les irrigations massives …

Ces dernières années, des améliorations ont été faites pour limiter leurs impacts environnementaux, mais elles ne suffisent pas. Parmi les nouveaux concepts promus, il y a celui de l’agriculture durable.

Les impacts des pesticides sur l’environnement

Dans l’agriculture, les pesticides poursuivent divers rôles. Ils détruisent les champignons, tuent les mauvaises herbes, chassent les insectes, éloignent oiseaux et rongeurs … Il en existe plusieurs variétés et même si, globalement, ils visent à protéger les cultures, ils génèrent aussi de nombreux effets néfastes sur l’environnement.

Il faut retenir que les pesticides sont des produits chimiques dangereux. Certes, ils vont tuer l’espèce visée, mais ils génèrent également des conséquences néfastes non négligeables :

  • Les autres acteurs de la chaîne alimentaire peuvent en être intoxiqués :

C’est notamment le cas des abeilles pollinisateurs qui peuvent être victimes de la consommation de pesticides or, on sait tous que les abeilles jouent un rôle prépondérant dans la culture agricole. Les autres animaux peuvent également en être empoisonnés. Les oiseaux qui mangent les vers de terre enfouis dans des sols impactés, les animaux sauvages qui vont manger ces oiseaux, voire les hommes qui vont les chasser pour les manger.

  • L’utilisation de pesticides pollue l’air que nous respirons et nos réserves d’eau potable :

Evidemment, cela aura des répercussions négatives sur notre santé. Les scientifiques ont déjà fait le lien entre utilisation de pesticides et cancers, infertilité masculine, avortements spontanés, … et même décès.

Pour limiter ces conséquences néfastes, la non-utilisation de pesticides serait la meilleure option. Néanmoins, si vous devez en utiliser, optez pour des alternatives moins toxiques comme les pesticides bio.

  • L’utilisation massive de pesticides augmente la résistance des ravageurs à ces produits :

Il faut bien maîtriser leur épandage dans les champs pour que les produits utilisés ne touchent que les parcelles et les ravageurs concernés. Notez que ce sont des produits volatiles facilement transportés par le vent. Ils peuvent ainsi toucher les plans d’eau aux alentours, les habitations, les animaux d’élevage et les champs voisins.

  • Un trop plein de pesticides va entraver la fixation d’azote indispensable aux plantes pour pousser.

Les impacts des matières fertilisantes sur l’environnement

Les impacts des matières fertilisantes sur l’environnement

L’utilisation de matières fertilisantes est courante dans l’agriculture. Ces matières apportent différents nutriments essentiels aux plantes comme le phosphore, l’azote, le soufre, le potassium … On en distingue trois grandes catégories :

  • Les fertilisants de type I qui se composent essentiellement des déjections avec litière comme le fumier
  • Les fertilisants de type II comme les engrais d’origine organique animale
  • Les fertilisants de type III qui sont des fertilisants chimiques de synthèse

Leur utilisation permet aux agriculteurs d’améliorer la croissance de leur culture et la qualité des produits. Attention toutefois, leur utilisation inconsidérée est néfaste pour l’environnement.

Pour cause, les engrais et autres excréments d’animaux, une fois mélangés, génèrent de l’ammoniac. Ce dernier pollue l’air et produit de fines particules à basse altitude ce qui est très dangereux pour la santé.

Le pire c’est qu’une fois dans les airs, l’ammoniac se mélange aux polluants générés par les voitures, les industries, les centrales électriques … La pollution induite est encore plus dangereuse et peut directement générer des problèmes respiratoires ainsi que des problèmes cardiaques.

Pour réduire l’impact des fertilisants sur l’environnement et la santé, il convient de les utiliser à la bonne quantité et au bon moment. Notez que l’azote utilisé en guise d’engrais est très soluble et atterrira rapidement dans les eaux alentours grâce à l’irrigation et à la pluie. Sa présence dans les plans d’eau va détruire la faune et la flore locales. Sa consommation, via l’eau potable, par les animaux et les humains va générer des problèmes de santé.

A lire – Agriculture : un drone pour réduire la quantité d’engrais et d’eau à utiliser

Les émissions de gaz à effet de serre

Lorsqu’on parle de gaz à effet de serre (GES), on pointe toujours du doigt les voitures et l’énergie. Il faut pourtant savoir que l’agriculture est également un grand émetteur de GES puisqu’on lui attribue près de 25 % des émissions mondiales enregistrées par an. Autrement dit, c’est un secteur très polluant et là encore, les machines agricoles ne sont pas les principales responsables. Ces véhicules produisent, certes, du dioxyde de carbone (CO2), mais à quantité maîtrisée. De plus, comparé aux autres GES issus de l’agriculture, le CO2 a des impacts moindres.

Pour trouver l’origine des GES les plus dangereux, il faut se tourner vers les ruminants qui, en ruminant, libèrent du méthane (CH4). Il faut donc se méfier de ces troupeaux qui ruminent tranquillement dans les champs, car ce sont des gros pollueurs.

Le CH4 généré provient essentiellement des flatulences des bovins à savoir leurs pets et leurs rots. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est effectivement la triste réalité. A part leurs flatulences, on peut aussi pointer du doigt les déjections animales et les rizières. Pour avoir une idée des effets du méthane, sachez qu’il est 28 fois plus réchauffant que le dioxyde de carbone.

Outre le méthane, l’agriculture génère également un autre type de GES qui est le protoxyde d’azote (N2O). Ce dernier est encore plus dangereux puisque réchauffe jusqu’à 310 fois plus que le dioxyde de carbone. Dans les activités agricoles, il provient surtout de l’épandage d’engrais azotés minéraux et organiques.

Dans un monde idéal, on pourrait interdire aux ruminants de ruminer, mais cela est évidemment impossible. Le problème c’est que plus la population mondiale augmentera, plus on devra augmenter les productions agricoles et d’élevage. Cela rime, bien sûr, avec une augmentation des émissions de GES.

Quelles solutions pourrait-on adopter pour réduire les émissions de GES liées à l’agriculture et à l’élevage ? Certains ont trouvé la solution en réutilisant le méthane en guise de biocarburant. D’autres proposent des solutions nouvelles comme le concept de l’agroécologie. Ce qui est sûr, c’est que quelles que soient les solutions adoptées, on ne pourra que réduire la quantité émise, mais pas les éradiquer puisqu’il n’est évidemment pas possible d’éradiquer l’agriculture.

La bonne chose c’est que malgré ces émissions nocives, l’agriculture atténue quand même les effets du changement climatique. Pour cause :

  • elle a la capacité de stocker du carbone
  • elle peut produire de la biomasse pour les énergies renouvelables
  • elle peut générer des biomatériaux
  • elle est source de chimie verte …

Comment réduire les impacts de l’agriculture sur l’environnement ?

Comment réduire les impacts de l’agriculture sur l’environnement ?

Pour essayer de réduire les impacts de l’agriculture sur l’environnement, de nouvelles méthodes sont développées. Parmi les solutions aujourd’hui proposées, on peut citer :

  • l’agriculture biologique :

Cela suppose la non-utilisation de pesticides, mais n’empêche pas l’utilisation de fertilisants d’origine animale. Il est toutefois possible de maîtriser leur quantité et même de choisir de la bonne qualité. Notez que de nos jours, les fermes d’élevage bio commencent aussi à voir le jour. Ces dernières limitent les impacts de leurs activités sur l’environnement, mais elles ne peuvent évidemment pas interdire à leurs vaches de ruminer.

Autrement dit, l’agriculture biologique n’est pas une solution complète, mais elle permet quand même de réduire les impacts de l’activité agricole sur l’environnement. Il en va de même pour l’agroforesterie et l’agro-écologie, des méthodes agricoles, également plus respectueux de l’environnement.

  • Le développement des biocarburants :

Outre le méthane issu des flatulences des ruminants, certaines plantes cultivées produisent aussi des biocarburants. C’est notamment le cas des betteraves, des céréales, du soja, du colza, du tournesol, du palmier à huile …

Développer ce genre de culture permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Certes, la réduction ne sera pas directement issue de l’agriculture, mais une partie de l’agriculture permettra d’instaurer cette réduction.

Lire aussi – Les outils connectés et les bandelettes nitrate au service des agriculteurs

  • Des bonnes pratiques pour préserver les ressources en eau :

Les activités agricoles abaissent le niveau des eaux et polluent les plans d’eau, les cours d’eau et les nappes phréatiques.

Durant la saison sèche, les agriculteurs puisent de l’eau dans les milieux aquatiques et dans les nappes pour arroser les champs. Cela génère un abaissement du niveau d’eau.

Quant à la pollution enregistrée, qui se manifeste par la prolifération d’algues à la surface des eaux, elle est rattachée au déversement des eaux usées agricoles dans les milieux naturels sans les faire passer par un traitement spécifique. Ces eaux usées, que l’on appelle effluents agricoles, peuvent pourtant contenir des produits phytosanitaires, des engrais azotés … Une fois déversés dans les milieux aquatiques, soit transportés par la pluie, soit grâce aux irrigations, ces produits détruisent la biodiversité locale. Pour pallier cela, il existe une série de bonnes pratiques auxquelles les agriculteurs peuvent faire appel.

L’irrigation goutte à goutte est, par exemple conseillé parce qu’il s’agit d’un système ingénieux pour réduire la consommation d’eau. Il faut aussi mettre en place une zone non traitée (ZNT) à proximité des plans d’eau pour éviter toute contamination directe. Pour réduire l’érosion du sol et le ruissellement des eaux, il peut être intéressant de planter des haies ou des talus au bord des parcelles. Autant que possible, choisissez les plantes en fonction du contexte local afin de réduire les irrigations massives.

Et dans un contexte plus large, la limitation du gaspillage alimentaire, le développement de l’agriculture vivrière locale, la promotion de la polyculture pour fertiliser naturellement les sols, la sauvegarde des abeilles … sont autant de points à mettre en avant pour instaurer une agriculture respectueuse de l’environnement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code