John Deere : l’origine du géant de la fabrication de matériel agricole

John Deere : l’origine du géant de la fabrication de matériel agricole

Pour les agriculteurs, « John Deere » n’est pas une marque inconnue. On retrouve son logo avec la lignée verte soulignée de jaune sur une grande partie de matériel agricole sur le marché et aussi dans les champs, notamment sur les tracteurs, les moissonneuses-batteuses et les ramasseuses-presses. Certains exploitants forestiers et quelques particuliers connaissent aussi la marque par les équipements forestiers et les tondeuses à gazon. Dans ce dossier, nous allons revenir sur l’histoire de ce leader dans la fabrication de matériel agricole.

John Deere, de l’apprenti forgeron à fabricant

Vous vous en doutez : cette appellation « John Deere » est bien le nom du fondateur de l’entreprise. Ce grand monsieur est né dans le Vermont le 7 février 1804. Après avoir été apprenti forgeron sur quatre ans, il passe au titre de forgeron et exerce dans le Grand Detour dans l’Illinois. Cet emplacement l’oblige à être aux côtés des fermiers et il s’aperçoit que ces derniers ont des difficultés à travailler le sol lourd dans les prairies avec les matériels qu’ils ont. C’est là, plus exactement en 1937 que John Deere se lance dans la conception d’une charrue à versoir en acier. Dans sa région, John Deere devient un fabricant de charrue et avec la forte demande des fermiers, l’activité de sa petite structure est très florissante. En 1839, il affiche une production de 10 charrues, en 1841, 75 et en 1842, 100.

L’agrandissement de la structure

Avec la demande des agriculteurs des autres régions, John Deere quitte Grand Détour au bout de dix de production en solo pour suivre son nouveau partenaire d’affaires. Il s’installe alors à Moline, près des rives du Mississipi en 1848. On a donc une vraie usine de pointe et la production de charrues se voit doubler dès 1849. Soucieux de la qualité de la production, John Deere se trouve en désaccord avec se partenaires et il rachète leur part en 1852 pour diriger seul sa structure. Le désaccord n’est pas si important, mais John Deere veut tout simplement améliorer ses produits. En 1858, lors de la crise financière aux Etats-Unis, l’entreprise essaie de tenir le coup pour ne pas entrer en faillite. Pour ce faire, l’entreprise est gérée par la famille. John Deere reste au poste de président, mais c’est Charles Deere qui est nommé à la direction alors qu’il n’a que 21 ans. Il y est resté pendant 49 ans suite à sa nomination.

De nouveaux produits

En 1863, toujours guidée par cette politique d’améliorer les matériels qu’elle propose à sa clientèle, l’entreprise présente le cultivateur à siège Hawkeye. Mis à part le siège intégré, on a aussi sur cet équipement un système de sécurité avec la cheville en bois qui se casse en cas de collision avec un objet solide. Après des années et des années de production, c’est seulement en 1864 que Deere obtient son premier brevet sur les versoires des charrues en acier moulé. On lui octroie un second brevet quelques mois plus tard et il reçoit le troisième en 1865. Jusque-là, Deere est une entreprise à propriétaire unique, mais à partir de 1868, elle devient Deere & Compagny. Derrière ce nouveau nom, on a toujours la famille Deere, car John et Charles Deere détiennent 65% des actions.

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John Deere s’éloigne un peu de la structure

tracteur John Deere

En 1869, John Deere laisse la grande responsabilité de leur entreprise aux mains de Charles Deere. Ce dernier est pleinement investi et avec Alvah Mansur, il crée la première succursale de Deere & Compagny dans le Missouri à Kansas City. Dans les 20 années qui suivent, cinq autres succursales sont établis un peu partout aux Etats-Unis. En 1873, on voit l’éloignement de John Deere de la structure, notamment lorsqu’il est élu maire de Moline. Il se donne à 100% sur les deux ans où il détient cette fonction de maire en améliorant les infrastructures routières. En 1867, on voit le premier logo de la compagnie avec le cerf bondissant.

Une nouvelle organisation qui fait la réussite de la structure

En 1877, l’entreprise revêt l’appellation « Deere & Mansur ». Cette année, on voit débarquer sur le marché les semoirs de précision à maïs avec le logo de la marque. Ces matériels sont produits à Moline, dans une structure indépendante de la succursale. Aujourd’hui encore, cette petite entité intégrante à la compagnie continue à fabriquer des semoirs de précisions. Né en 1875, après un grand succès de l’essai sur terrain, la charrue à siège Gilpin est présenté à l’exposition universelle de Paris et remporte la première place. Pour les années qui suivent, elle expose les ventes avec 5198 unités vendues pour 1876 et 7824 pour 1883. Parmi les produits qui connaissent le succès sur le marché, il y a aussi les charrues à mancherons, les cultivateurs, les charrues batteuses et les herses.

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Les décès des Deere

En 1886, la compagnie perd son fondateur John Deere. Il s’éteint à ses 82 ans. Cette perte ne semble pas affecter le succès de la structure. En 1892, le premier tracteur à essence passe au premier test et semble connaître une réussite. Quelques années plus tard, la compagnie rachète la Waterloo Gasoline Engine Company. En 1893, elle se présente à l’exposition internationale Columbian World’s Fair. En 1907, Charles Deere meurt aussi et la présidence est reprise par William Butterworth qui n’est autre qu’un gendre de la famille. Ce dernier essaie de tenir la réputation de la structure et semble bien réussir. Après 21 ans de travail, William ButterWorth fait passer le chiffre d’affaires de 4,5 millions de dollars à 61 millions de dollars et la structure détient la place de leader sur le marché des matériels de récolte et des tracteurs.

Le passage à une réputation mondiale

Dans les années 1900, les produits Deere commencent à se faire connaître mondialement et la compagnie décide de créer la division exportation en 1908 à New York. Les commerciaux Deerre partent alors à l’exploration de l’Amérique du Sud, de l’Angleterre, de la France, de la Russie et de l’Autriche. A côté de cette grande activité commerciale, la production n’est pas sous-estimée. En 1912, les semoirs de précision, les chargeuses, les remoroques, les semoirs à grains ainsi que les équipements de fenaises et de récolte arrivent sur le marché. Les tracteurs à essence viennent un peu plus tard en 1918. En 1927, les agriculteurs accueillent avec un grand enthousiasme la première moissonneuse-batteuse de 35 chevaux avec une plateforme de 12 et de 16 pieds et l’année suivant la petite moissonneuse-batteuse avec une barre de coupe de 8, 10 ou 12 pieds.

Des difficultés engendrées par la crise de 1929

La crise de 1929 oblige la société à vendre à crédit à sa clientèle de nombreux équipements. Le total de vente est estimé à 12 millions de dollars. Malgré ces efforts, les ventes baissent de 86% entre 1930 et 1932, mais l’entreprise gagne la reconnaissance de ses clients. Elle continue aussi dans la production avec la sortie du tracteur modèle A en 1934 et du tracteur modèle DI en 1935. Deux années plus tard, Deere fête fièrement son centenaire avec un chiffre d’affaires record s’élevant à plus de 100 millions de dollars.

Une légère déviation sur la production

A cette époque, c’était Charles Deere Wiman qui était à la présidence de la compagnie, mais en 1942, il est nommé colonel dans l’armée. L’année suivante, on voit la compagnie se lancer dans la fabrication de composants d’avions, de buanderies mobiles, de munitions, et de conteneurs destinés pour l’armée. En 1947, elle revient sur sa ligne productrice avec la sortie du tracteur M et MC. Ces produits attirent particulièrement les constructeurs et les forestiers, car ce sont des tracteurs bulldozers avec une lame frontale. En 1956, une usine de montage est installée au Mexique et la société rachète aussi une part des actions chez Heinroch Lanz. Cette année, Deere est déjà présent dans plus de 30 pays.

Une nouvelle ligne de matériels pour les particuliers

Jusque-là, les principaux clients de la firme étaient des agriculteurs, mais en 1963, elle élargit sa gamme de produits. Elle propose des équipements d’entretien du gazon, notamment des tondeuses, mais aussi des souffleuses à neige. Pour impressionner ses collaborateurs, ses concurrents et aussi ses clients, le centre administratif de Deere & Compagny, qui est aujourd’hui le siège depuis 1964 ouvre ses portes. Ce n’est pas un simple bâtiment. Un architecte finno-américain a travaillé sur sa conception et le bâtiment a reçu de nombreuses récompenses pour son architecture. Ne délaissant pas ses principaux clients, Deere sort en 1965 la débardeuse 440 qui allie puissance, confort et sécurité.

Plus de 150 ans d’activité

En 1987, la compagnie fête ses 150 ans, mais au bilan, les chiffres sont au négatif. Elle enregistre un déficit net de 99 millions de dollars. En 1988, la compagnie se lie à la firme japonaise Hitachi. En 1992, les véhicules utiliataires Gator arrivent sur le marché et quelques années plus tard, c’est le tracteur de la série 8000 qui fait son entrée. En 1996, elle entre dans l’innovation en équipant ses moissonneuses-batteuses d’une cartographie de rendement. Cette dernière offre de nombreuses informations facilitant le travail des agriculteurs. A partir de l’année 2000, Deere touche aussi le domaien forestier en mettant sur le marché des machines d’exploitation forestière. En 2012, la compagnie a fêté ses 175 années d’existence et aujourd’hui, elle est présente dans de nombreux secteurs d’activités, récemment la construction routière.

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