L’agriculture raisonnée, un modèle qui se développe en France

L’agriculture raisonnée : un modèle qui se développe en France

(Mis à jour le: 15 octobre 2019)

Au cours de ces dernières années, de nombreuses réflexions ont été menées sur comment obtenir une meilleure agriculture. La deuxième partie du XXème siècle a été marquée par la toute puissance de l’agriculture intensive : grandes exploitations, utilisation d’importantes quantités de pesticides, animaux élevés en cage. Si cette agriculture a eu un certain succès, notamment en permettant une baisse des prix à la consommation, la qualité n’était pas toujours au rendez-vous et les questions environnementales actuelles ont également dégradé l’image de cette agriculture. Des alternatives ont vu le jour, notamment le bio, mais aussi l’agriculture dite « raisonnée ». Né en France, nous vous proposons de découvrir désormais ce concept qui connaît de plus en plus de succès.

Qu’est ce que l’agriculture raisonnée ?

Pour donner une première idée du concept, l’agriculture raisonnée est le contraire de l’agriculture intensive. Avec l’agriculture raisonnée, il ne s’agit pas d’exploiter à pleine puissance les capacités des sols quitte à les assécher prématurément, mais bien de les préserver et de les économiser dans le temps. Pour cette raison, le concept d’agriculture raisonnée est très lié au développement durable comme nous le verrons par après.

L’un des tournants dans le développement de l’agriculture raisonnée est la création de la PAC (Politique Agricole Commune) en Europe. Des premiers comités sont créés dans les années 1980 et 1990 :

  • le COMIFER (Comité Français pour l’étude et le développement de la fertilisation raisonnée)
  • le CORPEN (Comité d’orientation pour la réduction de la pollution des eaux)
  • l’ANDA (Association nationale pour le développement agricole)
  • le FARRE (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement)

Toutes ces associations ont milité et œuvré pour une agriculture plus saine et plus responsable. Le FARRE est l’organisme phare de développement de l’agriculture raisonnée. Il milite pour une agriculture qui agit selon les principes suivants :

  • un respect de la meilleure façon possible de l’environnement et de la nature, tout en maintenant ou en améliorant la rentabilité économique des entreprises agricoles ;
  • un développement de la technologie au service de l’agriculture permettant une amélioration sanitaire des produits ;
  • une amélioration constante de la performance par le raisonnement des pratiques, en intégrant les innovations issues du progrès technologique.
  • une application de l’ensemble de ces principes à l’ensemble de l’exploitation agricole et non uniquement à une seule partie.
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Agriculture raisonnée

Agriculture raisonnée et développement durable

Par les principes qu’elle édicte, l’agriculture raisonnée est indissociable du concept de développement durable. Il ne s’agit pas de tirer au maximum de l’instant t la productivité d’un champ ou d’une terre, sous peine de l’assécher rapidement et de la rendre incultivable. Le développement durable permet de répondre aux besoins économiques des habitants de la Terre, de façon la plus égalitaire possible, tout en ne compromettant pas l’avenir alimentaire, des terres et de la santé des générations futures. Ce mode de développement a pour principe de réunir trois éléments qui peuvent paraître contradictoires :

  • l’essor économique, basé sur le développement privé des entrepreneurs agricoles
  • l’équité sociale, qui est de l’ordre des décisions politiques
  • la santé et l’environnement qui appartiennent à chacun d’entre nous.

La portée du développement durable est globale. L’objectif est que chacune des exploitations tendent vers un modèle durable plutôt que certaines d’entre elles qui, certes, seraient excellentes, mais qui demeureraient trop seules dans l’ensemble des exploitations. Si les principes du développement durable sont vertueux, il ne faut jamais oublier la question du prix. Celui-ci sera plus élevé que pour un même produit issu d’une agriculture intensive. Le consommateur est de plus en plus près à y mettre le prix, principalement pour des raisons de santé.

Toutefois, certaines marques affichent de plus en plus les effets bénéfiques pour l’environnement et pour l’humain. C’est le cas notamment des produits équitables, issus le plus souvent de l’agriculture biologique, et dont la fabrication ou l’extraction respectent l’environnement, tout en permettant au producteur de vivre correctement de son travail.

Spécificités de l’agriculture raisonnée

Contrairement à l’agriculture traditionnelle qui à son extrême va jusqu’à l’agriculture intensive, l’agriculture raisonnée a une démarche spécifique basée sur le rapport entre la production agricole et l’environnement.

L’objectif n’est pas de produire à tout prix, mais de produire des produits de qualité et en quantité suffisante, tout en respectant l’environnement de l’exploitation (notamment la qualité des sols). Et il s’agit principalement d’une démarche citoyenne et non marchande. Si le producteur s’engage à respecter l’environnement, c’est dans l’optique de léguer aux générations futures une nature préservée.

Comme nous l’avons vu également dans le concept de développement durable, l’agriculture raisonnée doit permettre à son producteur de vivre décemment de sa récolte et non d’être à la merci d’intermédiaires ponctionnant de manière trop importante sur sa marge.

Agriculture raisonnée

Le rôle de l’État dans le développement de l’agriculture raisonnée

Aussi pertinentes et intéressantes que soient la démarche d’entreprendre une agriculture raisonnée par les producteurs, le résultat ne pourrait pas être probant si l’Etat ne joue pas son rôle de moteur et de régulateur. Voici quels sont les grands principes que l’État doit faire respecter :

  • L’élaboration d’un dispositif réglementaire qui permet de fixer les grands principes de l’agriculture raisonnée, sans brider à l’extrême les acteurs de la filière agro-alimentaire.
  • La création d’un modèle de référence permettant aux agriculteurs d’avoir une base à laquelle se raccrocher pour savoir si leur mode de fonctionnement se situe dans les clous d’une agriculture raisonnée.
  • La fixation des règles qui président l’agrément des organismes en charge de la bonne gestion de la norme d’assurance qualité de l’agriculture raisonnée. Ce travail doit être effectué en partenariat avec les acteurs du monde agricole car ce sont eux qui sont sur le terrain au quotidien.

Ainsi s’achève notre tour d’horizon complet sur l’agriculture raisonnée. Gageons que ce type d’agriculture connaitra un succès de plus en plus important auprès de l’opinion internationale car il respecte à la fois l’homme et la nature. C’est également au consommateur d’encourager l’agriculture raisonnée en consommant de préférence ces produits aux produits issus de l’agriculture intensive.

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