La bouture de rosier dans une pomme de terre peut sembler être une idée farfelue,…
Quel mois pour faire des boutures de rosiers ?
Le tout début de l’automne est une période de l’année que les passionnés de jardinage choisissent généralement pour s’atteler au bouturage de leur plus beau rosier afin de donner naissance à d’autres spécimens absolument identiques au pied mère. Ce mode de multiplication végétative permet donc de créer des clones, ce qui est parfait lorsque vous possédez quelques variétés de rosiers d’une grande splendeur fleurissant en abondance et que vous souhaitez par exemple créer des massifs somptueux ou border une allée de jardin avec ce type de végétaux. Les jardiniers débutants seront rassurés : bouturer un rosier est accessible dès lors que vous respectez quelques règles simples (bon mois, bon stade de tige, humidité maîtrisée).
Cette technique consiste à prélever une partie d’un rosier et à la faire enraciner pour obtenir un nouveau plant identique au rosier d’origine. C’est une méthode facile, économique et gratifiante, qui vous permettra de créer de nouveaux rosiers ou d’offrir des cadeaux personnalisés à vos proches. Mais quelle est la meilleure période pour faire des boutures de rosiers ?
Quelle est la période idéale pour la bouture des rosiers ?

Si vous ne deviez retenir qu’un seul mois pour maximiser vos chances, choisissez août (souvent entre mi-août et mi-septembre selon les régions). C’est le moment où les tiges sont généralement semi-aoûtées : assez mûres pour s’enraciner, mais encore actives pour fabriquer rapidement des racines.
La période parfaite pour s’atteler à la multiplication des rosiers se situe donc en fin d’été, entre août et septembre. Selon votre climat, vous pouvez prolonger jusqu’en octobre (voire novembre en zone très douce), mais plus vous avancez dans la saison, plus la protection contre le froid devient déterminante.
Pour autant, les boutures de rosiers effectuées durant le creux de la floraison d’été, soit en juillet-août, peuvent aussi prendre, à condition d’éviter les canicules et de travailler à l’ombre (tiges trop tendres + chaleur = dessèchement rapide).
Un calendrier plus précis selon votre zone climatique (France)
Le bon timing varie surtout avec la chaleur de fin d’été et l’arrivée plus ou moins précoce des premières gelées.
| Zone climatique (repère) | Mois le plus conseillé | Fenêtre recommandée | Type de bouture le plus simple | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Océanique (Ouest, Nord-Ouest) | Août | Mi-août ? fin septembre | Semi-aoûtée (fin d’été) | Excès d’humidité : substrat drainant + arrosages mesurés |
| Continental (Nord-Est, Centre-Est) | Août | Mi-août ? mi/fin septembre | Semi-aoûtée (plus tôt) | Gel précoce : protection indispensable si bouture tardive |
| Méditerranéen (Sud, littoral) | Septembre | Fin août ? octobre | Semi-aoûtée, puis aoûtée | Chaleur/sécheresse : ombrage, cloche, humidité régulière |
| Montagne / altitude | Août | Début/mi-août ? début septembre | Semi-aoûtée (précoce) | Saison courte : évitez l’automne, privilégiez les boutures en pot à l’abri |
Deux grandes “fenêtres” de bouturage
- Fin d’été (août–septembre) : boutures semi-aoûtées — c’est la méthode la plus régulière pour réussir.
- Automne (septembre–novembre selon climat) : boutures plus aoûtées/ligneuses — possible, mais demande souvent plus de patience et surtout une meilleure protection contre le froid.
Le choix de la future bouture
Tout d’abord, il faut savoir qu’un rosier ne se bouture pas “simplement” dans un verre d’eau avec une réussite constante : l’eau peut fonctionner ponctuellement, mais le risque de pourriture et de racines fragiles est élevé. Pour mettre toutes les chances de votre côté, privilégiez un substrat léger et drainant (terreau + sable/perlite, par exemple).
En revanche, vous pouvez bouturer :
- en pot (le plus simple à surveiller),
- en pleine terre (pratique en climat doux),
- sous cloche/mini-serre (très utile en août-septembre),
- avec ou sans hormone de bouturage (utile mais non obligatoire),
- et certaines méthodes “astuces” existent (dont la pomme de terre), avec des résultats variables selon conditions.
Chaque variété de rosiers connaît ses propres facilités/difficultés en matière de bouturage. En règle générale :
- les rosiers anciens et de nombreux rosiers arbustifs se bouturent souvent assez bien ;
- les grimpants et couvre-sol sont variables selon les cultivars ;
- certains hybrides modernes peuvent être plus capricieux ;
- les “rosiers de bouquet” (tiges coupées) sont très aléatoires : les fleurs sont parfois issues de plants forcés, et les tiges peuvent être trop épuisées.
Les espèces telles que les Thé, les Noisette, les Bengale, les Polyantha, les Bourbon, les Wichuraiana, et tous leurs hybrides, se bouturent souvent de manière assez facile. En revanche, les boutures de Portland peuvent avoir tendance à prendre plus difficilement (cela dépend aussi beaucoup des conditions de culture et du stade de prélèvement).
Lire aussi : Pourquoi planter une tige de rosier dans une pomme de terre ?
Comment reconnaître une tige “au bon stade” (repères visuels pour débuter)
En août, cherchez une tige dite semi-aoûtée :
- elle est ferme, pas “molle” comme une pousse toute verte ;
- sa couleur passe souvent du vert tendre à un vert plus foncé/brunissant ;
- elle se plie un peu mais ne s’écrase pas entre les doigts ;
- idéalement, elle est défleurie (la floraison pompe l’énergie).
Les techniques de bouturage du rosier
Plusieurs techniques existent pour permettre aux amateurs de bouturer un rosier avec succès. Parmi elles, on mentionnera le bouturage à bois sec (ligneux), le bouturage herbacé (très tendre), le bouturage semi-herbacé (semi-aoûté)…
Le bouturage à bois sec
Le bouturage à bois sec est une technique de multiplication végétative qui permet d’obtenir une plante aux caractéristiques identiques à celles du pied mère. Cette méthode se pratique sur des rameaux bien lignifiés (plus durs), généralement plus tard en saison. Elle peut réussir, mais l’enracinement est souvent plus lent et la protection hivernale est cruciale en zone froide.
Les boutures herbacées
Les boutures herbacées se font avec des tiges jeunes, encore tendres, n’ayant pas encore démarré le processus de lignification (durcissement du tissu végétal). Elles se tentent plutôt au printemps/début d’été, mais demandent une hygrométrie très stable (dessèchement rapide si oubli d’arrosage ou chaleur).
Lire aussi : Quels sont les rosiers qui fleurissent tout l’été ?
La bouture semi-herbacée ou demi-aoûtée
Le bouturage semi-aoûté correspond à la bouture d’une tige formée à moitié de bois dur et dotée d’une extrémité encore tendre, verte et molle. C’est la technique la plus “passe-partout” pour un jardinier amateur.
Pour réaliser ce type de bouturage, il est préférable de choisir une tige fraîchement défleurie avec un diamètre proche de celui d’un crayon.
Pourquoi faire des boutures de rosiers ?

Faire des boutures de rosiers présente plusieurs avantages :
- C’est une façon simple et rapide de multiplier vos rosiers préférés ou ceux de vos amis. Vous n’avez pas besoin d’acheter de nouveaux plants ni de semer des graines.
- C’est une façon économique de créer de nouveaux rosiers. Vous n’avez pas besoin d’investir dans du matériel coûteux ni de payer des droits d’obtention végétale (à condition que le bouturage soit réservé à un usage strictement privé).
- C’est une façon gratifiante de faire naître de nouveaux rosiers. Vous serez fier d’avoir réussi à faire prendre racine à une simple tige et de voir votre bouture se développer et fleurir.
- C’est une façon écologique de préserver la diversité des rosiers. Vous contribuerez à sauvegarder des variétés anciennes ou rares qui ne sont plus commercialisées.
Bouturage d’été vs bouturage d’automne : lequel choisir ?
| Critère | Bouture de fin d’été (août–septembre) | Bouture d’automne (septembre–novembre) |
|---|---|---|
| Type de bois | Semi-aoûté (idéal pour débuter) | Plus aoûté / ligneux |
| Taux de reprise (en pratique) | Souvent meilleur si chaleur modérée et humidité suivie | variable : bon en climat doux, plus risqué en zone froide |
| Difficulté | Facile à moyenne | Moyenne : protection hivernale + patience |
| Délai d’enracinement | Quelques semaines à 2 mois selon conditions | Souvent plus long, parfois reprise surtout au printemps |
| Risque principal | Chaleur excessive/dessèchement | Gel et humidité froide (pourriture) |
| Quand planter définitivement ? | Plutôt au printemps suivant | Au printemps suivant (quasi systématique) |
Comment procéder une bouture de rosier ?

Étape 1
La première étape de cette technique de multiplication végétale consiste à préparer correctement la tige :
- prélevez une tige saine (sans maladie, sans taches), idéalement défleurie ;
- coupez un tronçon de 15 à 20 cm avec 3 à 4 nœuds (les “yeux”) ;
- faites la coupe du bas juste sous un nœud (coupe nette) : c’est là que les racines sortent le plus souvent ;
- faites la coupe du haut au-dessus d’un nœud, légèrement en biais, pour limiter la stagnation d’eau.
Étape 2
Durant la deuxième étape, vous “habillez” la bouture :
- enlevez presque toutes les feuilles, en conservant seulement 1 à 2 feuilles en haut ;
- si les feuilles restantes sont grandes, réduisez-les de moitié pour limiter l’évaporation ;
- enlevez les fleurs/boutons éventuels ;
- retirez délicatement quelques épines si elles gênent la plantation (inutile de tout “blesser”) : l’objectif est surtout d’éviter les blessures et pourritures lors de la mise en pot.
Étape 3
L’ancienne astuce consistant à placer les segments dans du papier journal humide au réfrigérateur n’est pas indispensable pour la plupart des jardiniers. Le plus fiable est de planter rapidement après prélèvement (la tige se déshydrate vite). Si vous devez attendre quelques heures, gardez les boutures à l’ombre dans un sac ou un linge légèrement humide.
Ensuite :
- si vous en utilisez, trempez la base dans une hormone de bouturage (facultatif), puis tapotez pour retirer l’excédent ;
- plantez dans un pot avec un mélange poreux et drainant (par exemple moitié terreau, moitié sable/perlite) ;
- enfoncez la bouture de façon à enterrer au moins 1 à 2 nœuds ;
- tassez légèrement puis arrosez pour mettre le substrat en contact avec la tige.
En pot, en pleine terre, sous cloche : quoi choisir selon le mois ?
- En août–septembre : le combo le plus sûr est en pot + sous cloche (bouteille plastique coupée, mini-serre, sachet transparent sans contact direct avec les feuilles). Aérez quelques minutes par jour si condensation excessive.
- En septembre–octobre (climat doux) : possible en pleine terre, dans un coin abrité, sol léger, avec paillage et protection si coup de froid.
- En zone froide / en altitude : préférez en pot pour pouvoir hiverner à l’abri lumineux (hors gel), surtout si vous bouturez tard.
Conditions de reprise et entretien
- Placez vos boutures en lumière vive sans soleil direct (le soleil brûle et dessèche).
- Gardez le substrat humide mais jamais détrempé (cause fréquente d’échec : pourriture).
- Un signe encourageant : apparition de nouvelles petites pousses (attention, cela peut parfois venir des réserves de la tige, donc continuez à surveiller).
- En général, l’enracinement prend plusieurs semaines. Ne tirez pas sur la tige pour “voir” : vous risquez de casser les racines naissantes.
Les échecs les plus fréquents (et quoi faire tout de suite)
- Chaleur excessive (tige flétrie en 24–48 h) : mettez à l’ombre, ajoutez une cloche, brumisez légèrement l’air autour (sans détremper le substrat).
- Bois trop tendre (pourrit, noircit) : recommencez avec une tige plus ferme (semi-aoûtée), coupes nettes, substrat plus drainant.
- Bois trop dur (reste “inactif” longtemps) : c’est normal en bouture d’automne ; maintenez juste hors gel et patientez jusqu’au printemps.
- Excès d’eau (moisissures, odeur) : stoppez les arrosages, aérer, rempoter dans un mélange plus aéré.
- Absence de cloche en fin d’été (dessèchement) : ajoutez une cloche immédiatement et placez à mi-ombre.
- Coupe au mauvais endroit : reprenez une bouture en coupant juste sous un nœud en bas.
- Gel précoce : rentrez les pots hors gel ou protégez en extérieur (voile d’hivernage + paillage, à retirer/aérer dès que possible).
Durant les périodes de forte température, il est conseillé de les mettre à l’ombre s’ils sont en pot. Pour protéger les boutures du froid de l’hiver, installez-les sous un châssis, une mini-serre, ou placez les pots dans un endroit lumineux hors gel. En pleine terre, un paillage (feuilles mortes, paille) aide, mais il faut éviter l’excès d’humidité stagnante.
Au printemps, repiquez les boutures qui ont réellement raciné dans des pots individuels. Vous les installerez ensuite en pleine terre lorsque les plants sont bien vigoureux (souvent au printemps, parfois en début d’été selon la croissance), dans un sol drainant et une exposition lumineuse.
Enfin, il est pertinent de mentionner que la plupart des variétés de rosiers sont protégées. La multiplication de leurs espèces n’est tolérée que dans le cadre d’un usage strictement privé.
Lire aussi : Quelle fleur à côté d’un rosier ?
Conclusion

Faire des boutures de rosiers est une technique simple et gratifiante, qui vous permettra de multiplier vos rosiers préférés ou d’offrir des cadeaux personnalisés à vos proches. Pour répondre clairement à la question « quel mois ? », retenez que le mois le plus favorable est généralement août (et septembre selon les régions), car les tiges sont le plus souvent au stade idéal : semi-aoûtées.
Pour réussir, choisissez des tiges saines, préparez-les correctement (coupe sous un nœud, peu de feuilles), plantez-les dans un mélange drainant et maintenez une humidité régulière sans excès, idéalement sous cloche en fin d’été. Protégez ensuite vos boutures pendant l’hiver, puis replantez au printemps suivant lorsque l’enracinement est suffisant. Vous verrez alors vos boutures se transformer en magnifiques rosiers, capables de refleurir durant de nombreuses années.
FAQ
Quel mois choisir si je veux maximiser mes chances de réussir une bouture de rosier ?
Si vous devez retenir une seule période, visez août, idéalement entre mi-août et mi-septembre : les tiges sont souvent au stade semi-aoûtées, ce qui favorise un enracinement rapide. En climat doux, vous pouvez prolonger en septembre voire en début d’automne, mais la réussite dépendra davantage de la protection contre le froid.
Comment reconnaître une tige adaptée au bouturage quand on débute ?
Choisissez une tige défleurie, saine, plutôt ferme (ni molle ni cassante) et d’un diamètre proche d’un crayon. Le bon repère est une tige qui commence à brunir légèrement tout en restant encore souple : ce compromis indique souvent que la bouture a assez de maturité pour produire des racines sans se dessécher trop vite.
Est-ce que ça marche vraiment de faire raciner un rosier dans l’eau ?
Vous pouvez obtenir des résultats ponctuels, mais ce n’est pas la méthode la plus fiable : l’eau augmente le risque de pourriture et peut produire des racines fragiles. Pour de meilleures reprises, plantez plutôt directement dans un substrat drainant maintenu humide (sans excès), surtout en fin d’été.
En pot, en pleine terre ou sous une protection : que privilégier selon la saison ?
En fin d’été, la solution la plus simple à contrôler est en pot, avec une cloche ou mini-serre pour limiter le dessèchement. En climat doux, la mise en pleine terre peut fonctionner en début d’automne dans un coin abrité. Si vous êtes en zone froide ou si vous bouturez tard, prévoyez un hivernage hors gel pour sécuriser la reprise.
Pourquoi mes boutures noircissent, moisissent ou sèchent en quelques jours ?
Les causes les plus fréquentes sont un excès d’eau (substrat asphyxié), une chaleur trop forte ou une tige trop tendre. Corrigez en utilisant un mélange plus aéré, en évitant le soleil direct et en ajoutant une sous cloche pour stabiliser l’humidité de l’air, tout en aérant quelques minutes si la condensation est excessive.




